6 sept. 2007

Affaire M. Vick : culturelle ou morale ?

Si l'organisation des combats de chien pose un problème dans les termes - notamment sur le traitement des bêtes dans la préparation des combats et après - on ne peut pas rester indifférent au traitement dont à été l'objet M. Vick. Si le QB vedette criminel a été saqué 187 fois dans sa carrière, le 188e n'est pas venu d'un quelconque linebacker mais d'une société américaine qui peine toujours à prendre la mesure de ses problèmes moraux, notamment concernant les animaux.

La chasse, la corrida, le rodéo utilisent des animaux comme objets de loisirs - la base du problème - mais ne concentrent pas les mêmes enjeux moraux puisqu'ils sont, la plupart du temps, "socialisés" donc acceptables voire tolérables. Les problèmes de Vick sont que, d'une part, l'objet de ses loisirs n'est même plus accepté (le pit fut une gloire américaine, aujourd'hui considéré comme trop dangereux, fortement connoté gangster et virilité comme en France) et qu'en plus, il s'en servait pour les rendre encore plus aggressif, combattant.

Le pauvre Vick a qui l'on a appris, toute sa carrière, à être le plus aggressif possible sur le terrain, à encaisser les coups les plus violents, les charges de travail les plus imposantes, les coups les plus bas, se fait démonter à la première erreur. Quand on voit le traitement que certaines franchises ont appliqué à leur linebacker (traumatismes à répétitions, commotions mal soignées voire maquillées en migraines, etc.) - que ces derniers sont dans un état pitoyable après de courtes carrières - on a quand même du mal à avaler la pillule pour Mickael Vick et le traitement éthique que son affaire a subit.

Alors, dans l'ensemble OUI, cette histoire de combats de chien pose un problème d'ordre moral quand on doit considérer les bêtes avec un minimum de respect - ne pas considérer par exemple qu'on a droit de vie ou de mort - mais l'organisation de combat ne fait pas plus mal à la morale américaine que la vente libre des armes, l'Irak ou le pétrole. Si Vick doit payer pour ses erreurs, c'est une évidence, il a également le droit de continuer à jouer au football, c'est également une évidence.

La peine la plus juste pour Vick serait de le condamner à travailler pour PETA, à ouvrir des refuges "Mickael Vick" pour chiens battus un peu partout aux Etats-Unis et à se confondre en excuses pendant des mois et des mois. Mais il faut que l'on revoit Mickael Vick sur les terrains de NFL un jour ou l'autre.

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